Au début de chaque printemps, les colonies les plus fortes ont la fièvre. Pas celle du samedi soir, ou celle d’une mauvaise grippe, non celle de l’essaimage !
L’essaimage, un problème pour un apiculteur. Une aubaine pour celui qui le trouvera…
C’est par une belle journée ensoleillée que l'ancienne reine d’une colonie quitte sa ruche avec la moitié de ses effectifs. Qu’elles soient butineuses, cirières, gardiennes, nourrices etc. toutes ces abeilles, attendent le top départ de leur Queen de mère pour s’envoler vers de nouveaux horizons.
Pourquoi une colonie essaime ?
L’essaimage est le résultat de plusieurs facteurs conjugués.
Cette surpopulation pose un problème majeur à la reine : la diffusion de ses phéromones n’atteint pas toutes les abeilles de la colonie. Le taux de diffusion décroit et le comportement des ouvrières s’en ressent. Elles commencent l’élaboration de cellules royales. Celles –ci sont généralement en bordure des cadres car comme expliqué précédemment la phéromone royale se diffuse plus difficilement.
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Cellules dues à la fièvre de l'essaimage En bordure de cadre |
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Cellules de sauvetage Au centre du cadre |
Pour info : Si la surface de couvain fermé est supérieure à la surface de couvain ouvert la fièvre de l’essaimage guette votre colonie. Si vous souhaitez sur une miellée printanière de thym ou de romarin espérer faire une récolte, sachez qu’en perdant 50% de la population de la ruche mère, vous aurez une baisse d’environ 50% au niveau de la récolte.
Si vous avez une colonie qui essaime durant la première année de sa reine, ne conservez pas cette souche.
Et bien aux alentours de la trêve hivernale du calendrier humain… vers le 31 mars.
C’est donc en début de printemps que sont construites les premières cellules royales. Trois à sept jours avant l'apparition de la ou des nouvelles reines, dans un bourdonnement impressionnant, perceptible à plusieurs dizaines de mètres l'ancienne reine quitte sa ruche. Toutes les abeilles qui s’envolent avec elles se gavent de provisions avant le départ. Ce premier essaim, nommé essaim primaire, se suspend en grappe à quelques mètres de sa ruche d’origine. Après quelques heures, éventuellement quelques jours d’immobilité apparente, il s’envole vers une nouvelle demeure. Cette nouvelle demeure aura au préalable été repérée par les abeilles qui s’apprêtent à déserter. Il est toutefois possible de trouver un essaim sous la pluie, ce sera sans aucun doute un essaim qui n’aura pas eu le temps de s’envoler à cause d’un orage ou tout simplement parce qu’il n’aura pas trouvé à se loger.
D’autres essaims, nommés essaims secondaires et tertiaires d’une taille largement inférieure à l’essaim primaire peuvent, les jours suivants, quitter à leur tour la ruche mère. La reine qui s’envolera de ces essaims sera non fécondée. Ces essaims sont souvent issus de colonie fortement populeuse. Ces essaims sont souvent appelés essaims de misère par les apiculteurs.
Essaim primaire sur le rucher école de notre Association d’Entraide Apicole Varoise. Le premier essaim récolté en cette année apicole 2020 est sorti le 3 avril.
Suspendu à un chêne vert, à environ 1,60 mètres. Bien plus facile à récupérer que lorsqu’il trouve abri dans le tronc d’un arbre, une cheminée, ou derrière les volets d’une maison.
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Essaim primaire |
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Essaim secondaire |